Linkjet

Mentions pour liens d'affiliation : signaler la publicité proprement dans WordPress

Signaler un lien affilié prend une phrase et se règle en cinq minutes. Reste à savoir où cette phrase doit apparaître, comment la formuler et pourquoi elle ne remplace pas l'attribut que Google attend sur le lien.

Signaler ses liens d'affiliation ressemble de loin à un sujet de juriste. En pratique, cela tient en une phrase placée au bon endroit. Ce qui demande un peu de réflexion, c'est de comprendre pourquoi cette phrase existe, ce qu'elle doit contenir pour être comprise, et pourquoi elle ne dispense pas de l'attribut technique que Google attend sur le lien lui-même. C'est exactement là que la plupart des propriétaires de sites se trompent.

Nous écrivons depuis Hambourg, et la pratique que nous connaissons de l'intérieur est la pratique allemande. Elle sert ici d'exemple concret, parce qu'elle est documentée et appliquée depuis des années. Le principe de fond, lui, est le même dans toute l'Union européenne. Les modalités, les autorités compétentes et les sanctions, en revanche, changent d'un pays à l'autre.

Pourquoi la publicité doit rester reconnaissable

La règle de fond tient en une ligne : un contenu qui rapporte de l'argent à celui qui le publie ne doit pas se faire passer pour un avis désintéressé. Un lecteur qui sait qu'un article génère une commission le lit autrement que s'il le prend pour une recommandation neutre. La mention ne sert qu'à rendre cette différence visible, et à la rendre visible avant le clic.

Ce principe figure dans le droit européen de la consommation, dans la directive sur les pratiques commerciales déloyales, que chaque État membre a transposée dans son droit national. En Allemagne, le texte concerné est la loi contre la concurrence déloyale, l'UWG, et ce sont surtout les concurrents et des associations comme la Wettbewerbszentrale qui la font appliquer, par mise en demeure. Ailleurs en Europe, ce sont plutôt des autorités administratives qui interviennent, avec d'autres procédures et d'autres montants. L'obligation de fond se ressemble, sa mise en oeuvre non.

Disons-le sans dramatiser : l'immense majorité des sites d'affiliation tournent depuis des années sans le moindre incident, précisément parce que leurs auteurs ont posé la mention dès le premier article. Ce n'est pas un domaine où des vagues de sanctions traversent le pays chaque trimestre. C'est en revanche un domaine où la négligence n'a aucun intérêt, puisque la solution tient en une ligne au-dessus du texte.

Un point qui revient sans arrêt : le montant de la commission ne change rien. Deux centimes ou vingt euros par clic, dès qu'un avantage économique se cache derrière le lien, il s'agit de publicité et la mention est due.

À dire tout de suite : ce texte est une mise en perspective, pas un conseil juridique. Les formulations attendues, les autorités compétentes et les sanctions varient selon le pays. Pour un site qui génère un revenu sérieux, une heure d'avocat dans votre propre marché coûte nettement moins cher qu'une mise en demeure.

Ce qui compte comme publicité

L'obligation dépasse le seul lien d'affiliation classique. Trois formes reviennent en permanence sur un site WordPress ordinaire :

  • Les liens d'affiliation : tout lien qui vous rapporte une commission au clic, au contact ou à l'achat, que ce soit via le programme partenaires d'Amazon, Digistore24, Awin ou le programme maison d'un marchand.
  • Les articles sponsorisés : les textes pour lesquels une entreprise vous a payé directement, qu'il en sorte un lien, une citation de produit ou une simple mention.
  • Les bannières et les encarts display : une bannière classique se reconnaît en général à sa mise en forme, mais elle gagne à être nettement séparée du contenu rédactionnel, par un cadre, une marge ou un petit mot annonce collé à l'encart.

À l'inverse, une recommandation sans intérêt économique n'a rien à signaler. Si vous vantez un produit sans être payé et sans toucher de commission, c'est votre avis, point final. La différence tient toujours à l'avantage économique, jamais au ton du texte.

Où placer la mention

L'emplacement pèse souvent plus lourd que le choix exact des mots. Deux règles se sont imposées dans la pratique :

  • Avant le lien, pas après : la mention doit arriver avant que le lecteur ne tombe sur le lien affilié, pas en note de bas de page une fois le clic parti.
  • Visible sans faire défiler : une mention en tête d'article, juste au-dessus ou juste en dessous du titre, est le standard sûr. Personne ne devrait avoir à parcourir tout l'article pour la découvrir.

Dans un long article majoritairement rédactionnel qui contient quelques liens affiliés isolés, une mention générale en tête ne suffit pas toujours à elle seule. Une marque posée directement sur le lien ou sur le paragraphe concerné, un astérisque avec sa note ou le mot annonce juste à côté, renforce nettement la lisibilité de l'ensemble. La section sur les modèles de mise en oeuvre montre comment le faire proprement.

Comment formuler la mention

Tous les mots qui sonnent comme une mention publicitaire ne sont pas compris comme tels par le lecteur. Voici ce qui fonctionne et ce qui laisse un doute :

FormulationCe que le lecteur en comprend
PublicitéSans ambiguïté. Le mot dit exactement de quoi il s'agit, c'est le choix le plus sûr.
AnnonceTout aussi clair et déjà installé dans les habitudes, surtout à côté d'une bannière ou d'un paragraphe isolé.
Lien affilié, lien commercialCompris par un public habitué au web, à condition que la mention soit visible et posée avant le lien.
Sponsored, laissé en anglais dans un texte françaisRisqué. Une partie du lectorat ne fait pas le rapprochement avec la publicité, et c'est précisément cette reconnaissance immédiate qui compte.
Cet article a été réalisé avec le soutien de…Trop vague. Soutien laisse ouvert s'il s'agit d'argent, d'un produit prêté ou d'une simple collaboration.
Un astérisque seul, sans note qui l'expliqueInsuffisant. Un astérisque orphelin n'explique rien à personne.

La règle empirique : la mention doit être assez nette pour qu'un lecteur moyen comprenne sans réfléchir que quelqu'un gagne de l'argent ici. Les mots de votre propre langue passent mieux que les termes anglais, parce qu'ils ne demandent pas d'étape de traduction mentale.

Une phrase complète qui fait le travail, à placer en tête d'article : Publicité : cet article contient des liens d'affiliation. Si vous achetez via l'un de ces liens, nous touchons une commission, sans surcoût pour vous. Le mot publicité en ouverture couvre l'exigence formelle, l'explication qui suit couvre la loyauté vis-à-vis du lecteur.

rel="sponsored" : un signal pour Google, pas une mention pour le lecteur

C'est ici que se loge la confusion la plus fréquente. Un rel="sponsored" ou un rel="nofollow" posé sur un lien n'est pas une mention publicitaire. Ces attributs sont un signal technique adressé au robot de Google : ce lien a une motivation commerciale, ne le traite pas comme une recommandation éditoriale organique. Cela vous protège d'une pénalité de référencement quand le moteur repère que vous êtes payé pour vos liens ou que vous en tirez des commissions. Cela ne dit strictement rien à votre lecteur.

Un lien peut donc être techniquement irréprochable et manquer complètement à l'obligation de mention, faute d'un mot visible dans le texte. L'inverse existe aussi : un article avec une mention exemplaire en tête, mais sans nofollow ni sponsored sur les liens, est correct vis-à-vis du lecteur et reste un risque réel face à Google. Les deux couches vont ensemble dans la pratique, mais elles ne se compensent pas.

Trois façons de le faire dans WordPress

Trois modèles ont fait leurs preuves, et rien n'empêche de les combiner :

  • L'encadré en tête d'article : un bloc visuellement détaché sous le titre, le mot publicité ou annonce en gras, suivi de la phrase sur la commission. La plupart des thèmes permettent d'en faire un bloc réutilisable, ce qui évite de le retaper à chaque article.
  • La solution de l'astérisque : chaque lien affilié dans le corps du texte porte un astérisque (nom du produit*), et la note se trouve juste en dessous ou en fin d'article : lien affilié, si vous achetez via ce lien vous nous soutenez sans surcoût. Pratique quand un article contient beaucoup de liens isolés, parce que la marque colle au lien lui-même.
  • La mention automatique : un petit bout de code qui affiche la mention au-dessus de chaque article d'une catégorie donnée, par exemple tous les comparatifs et tous les tests. Cela supprime le risque le plus banal, celui d'oublier la mention un jour de publication rapide.

Le choix dépend de la structure de vos articles. Sur un comparatif avec des liens répartis du début à la fin, l'encadré en tête plus les astérisques sur les liens est la combinaison la plus robuste. Sur une recommandation unique, l'encadré suffit.

Les erreurs qui reviennent le plus souvent

  • La mention cachée dans les mentions légales : une phrase générale du type ce site contient des liens d'affiliation ne suffit pas. La mention doit être visible sur le contenu concerné, pas sur une page juridique que presque personne n'ouvre.
  • La mention uniquement en pied de page : même problème, puisqu'elle n'apparaît qu'une fois l'article lu et le lien possiblement déjà cliqué.
  • Aucune mention du tout : l'erreur la plus visible et pourtant la plus courante, surtout chez ceux qui démarrent avec un ou deux liens affiliés posés en passant.
  • Seulement le nofollow technique, sans texte : l'attribut SEO ne remplace pas la mention, les deux couches sont à traiter en parallèle.
  • La mention après le premier lien : si elle n'arrive qu'au milieu de l'article, une fois le premier lien affilié vu ou cliqué, elle arrive trop tard pour servir à quoi que ce soit.

Ce que Linkjet règle, et ce qu'il ne règle pas

Notre extension Linkjet pose automatiquement rel="sponsored" ou nofollow sur tous les liens que vous masquez derrière vos propres liens courts /go/. C'est fait une fois, de façon centralisée, pour chaque lien, sans avoir à y penser à chaque insertion. Vous gérez en prime vos liens affiliés depuis une seule liste dans l'administration WordPress : quel lien court mène où, lequel est marqué comme lien affilié, au lieu d'ouvrir trente articles pour retrouver lequel rapporte une commission.

Le point important, et nous préférons le dire franchement : Linkjet prend en charge la couche technique, celle qui parle à Google. La couche visible, la mention destinée à vos lecteurs dans le texte de l'article, reste votre travail. Aucune extension ne peut écrire à votre place, au bon endroit du paragraphe, que ce passage contient de la publicité, parce que cela dépend du contenu de chaque article. Séparer proprement les deux, Linkjet pour le signal SEO et un encadré ou des astérisques pour la mention visible, couvre l'ensemble du sujet. Linkjet est gratuit et sous licence GPLv2, la page des tarifs montre ce que les autres extensions de la flotte ajoutent au-delà.

Marquer vos liens affiliés proprement, côté technique

Linkjet pose rel="sponsored" et nofollow sur tous les liens /go/ et les rend gérables depuis une seule liste. Gratuit, sous licence GPLv2.

Découvrir Linkjet

Ce qu'il faut retenir

Signaler ses liens d'affiliation ne coûte presque rien quand on y pense dès le départ : une mention claire avec le mot publicité ou annonce en tête d'article, visible sans faire défiler, complétée par des astérisques sur les liens isolés du corps du texte. Le volet technique avec rel="sponsored" et nofollow pour Google est une seconde tâche, distincte, que Linkjet prend en charge, et qui ne remplacera jamais le mot visible dans le texte. Qui sépare les deux et applique la règle à chaque article travaille sur un terrain stable.

Questions fréquentes

Un astérisque avec une note suffit-il comme mention ?

Un astérisque avec sa note suffit si la note explique clairement qu'il s'agit d'un lien d'affiliation et que vous touchez une commission. Un astérisque seul, sans explication, ne suffit pas : personne ne peut deviner ce qu'il signifie. Le plus sûr reste de combiner les astérisques sur les liens isolés avec une mention générale en tête d'article, surtout dans un texte qui contient beaucoup de liens.

Faut-il signaler les liens Amazon ?

Oui, un lien passant par le programme partenaires d'Amazon se signale comme n'importe quel autre lien d'affiliation, puisqu'un achat vous rapporte une commission. La notoriété de la marque n'y change rien : l'obligation s'accroche à l'avantage économique, pas au marchand. Dès que vous liez avec votre identifiant partenaire, la mention visible est due exactement comme pour un programme moins connu.

Le mot sponsored suffit-il comme mention ?

Un sponsored isolé dans un texte français est risqué, parce qu'une partie des lecteurs ne le rattache pas spontanément à de la publicité, et c'est cette reconnaissance immédiate qui compte. Les mots publicité ou annonce sont plus sûrs, éventuellement complétés par lien affilié. L'attribut technique rel="sponsored" sur un lien est encore autre chose : c'est un signal envoyé à Google, pas une mention adressée à vos lecteurs.

Quelle différence entre rel="sponsored" et la mention visible ?

rel="sponsored" ou nofollow est un attribut HTML qui indique à Google qu'un lien a une motivation commerciale. Il protège votre référencement, il ne remplit aucune obligation envers vos lecteurs. La mention visible est un texte lisible dans l'article, du type publicité, qui informe le lecteur avant le clic. Les deux exigences sont indépendantes : un lien peut être techniquement correct et rester sans mention visible, et inversement.

Une mention générale dans les mentions légales suffit-elle ?

Non, une phrase générale dans les mentions légales ne suffit pas, parce que la mention doit être visible sur le contenu où la publicité apparaît réellement. Presque aucun lecteur n'ouvre les mentions légales avant de cliquer sur un lien affilié, ce qui vide la mention de son sens. Elle a sa place dans l'article lui-même, de préférence en tête et visible sans faire défiler.

Si vous gérez aujourd'hui vos liens affiliés avec Pretty Links et que vous vous demandez si un changement vaut la peine, notre comparatif des alternatives à Pretty Links pose les arguments des deux côtés, sans enjoliver les nôtres.

Retour au blog Un article de hafenstudios